Cette formation communale dont le fief se situe à Arue a su séduire des danseurs de l’île entière mais aussi d’autres venus notamment des Etats-Unis. Son chef de groupe Antony Tirao avait choisi de traiter un thème dépassant largement les limites de Arue et narrant l’un des exploits du personnage légendaire : Tafa’i.
Voyageur infatigable, il parcourt la Polynésie à bord de sa pirogue. De retour d’une de ses expéditions il apprend que sa femme Hina vient de décéder et trouve son corps étendu sur un autel du marae ancestral. Fou de douleur, il demande au prêtre s’il est possible de ramener sa bien-aimée à la vie. La réponse est positive, commence alors un autre périple qui s’achèvera avec le retour de Hina à la vie.
Pour illustrer ce thème, Antony Tirao a travaillé sur la prestation de figurants qui ont joué leurs scènes de façon très convaincante et sur des décors qui ont permis de situer toutes les étapes du voyage de Tafa’i. Les danseurs et danseuses ont également accompagné chacun des épisodes. La pirogue de Tafa’i naviguait au milieu d’un océan de danseuses interprétant les vagues tandis que les danseurs appuyaient encore la thématique de la pirogue. Le lien entre Tafa’i et Hina, couple profondément uni, était encore perceptible dans le rapprochement des effectifs masculins et féminins qui ont dansé en binôme. Enfin la référence aux voyages caractéristiques du personnage légendaire a été mise en exergue par des déplacements et des figures d’une grande variété qui se sont traduits aussi par une occupation de la scène particulièrement originale. Des effets de miroirs et des croisements ont enrichi la prestation d’Antony Tirao expert dans l’art de créer de donner du relief à ses chorégraphies.
Le Heiva étant terminé, les spectacles de danses continuent comme même que ce soit dans les grands hôtels avec leurs mini Heiva ou dans les jardins de la marie d’Arue. Arrivé deuxième dans la catégorie « Hura Tau » et classé meilleur orchestre patrimoine, « Munanui Taurere » lors du dernier concours de chants et de danses du Heiva, le groupe de danse professionnel Ahutoru Nui a offert de belles prestations ce dimanche après-midi.
Il s’agit de leur façon de remercier le « tavana » (maire en tahitien) pour leur avoir mis à disposition un lieu dans la commune afin que les danseuses et danseurs puissent répéter en vue du Heiva. Et le résultat est, à ne pas en douter, une réussite en tout point : chorégraphie, mise en scène, costumes…
L’activité de préparation du coprah nécessite beaucoup de dextérité car elle n’est pas sans danger. Individuellement ou par équipe en tenue traditionnelle, le but du concours est de fendre, ouvrir, extraire et mettre en sac la pulpe de noix de coco avec pour seuls outils une hache (opa’hi), un instrument de décorticage (pa’aro), un tabouret (parahira’a) et des sacs en toile de jute (pute). Cette compétition est en l’honneur du cocotier, encore appelé « arbre de vie », très présent dans la vie Polynésienne (alimentation, construction, produits et objets divers tel que le monoï…).
La vitesse d’exécution est bien évidemment essentielle dans les concours de préparation du coprah. (extrait du guide du Heiva). Lire la suite…
Ce week-end, on pouvait assister à des compétitions de sports traditionnels dans les jardins du musée de Tahiti. Au programme, j’ai pu voir le lancer de javelot, le décorticage de cocos. Il y avait également d’autres épreuves que j’ai malheureusement manquées : le concours de porteurs de pierres et le grimper au cocotier.
PRINCIPE DU LANCER DE JAVELOT
Toucher un coco placé en haut d’un mât de 9,50 m à partir d’une aire de lancer située à 22 mètres du mât et avec un javelot en bois, implique de la force et une bonne maîtrise de l’engin pour en diriger la trajectoire flottante.
Par le passé, le lancer de javelot ou teka était la discipline majeure lors des manifestations consacrées aux sports traditionnels. A l’origine, il s’agissait de lancer le javelot le plus loin possible. Mais au fil du temps, les règles du lancer de javelot ont évolué et sa pratique nous vient dans sa forme actuelle, de l’archipel des Tuamotu.
La discipline du lancer de javelot se décline en deux épreuves, le concours individuel ou « Patia Fa » et le concours par équipe ou « Patia Ai » (3 lanceurs). Elle est visuellement très attractive et colorée car elle est sportivement spectaculaire et tous les lanceurs doivent porter une tenue locale en concours. Le lancer de javelot est le sport traditionnel (hors va’a bien sûr) le plus pratiqué actuellement (source : Le guide du Heiva).
Ce jeudi après-midi (14 juillet), le groupe de danse Nonahere est arrivé en force : les jardins de la mairie d’Arue était entièrement couvert par les 210 danseuses et danseurs qui composaient la troupe. Mener autant de monde n’est pas une mince affaire, et Matani Kainuku a géré efficacement les déplacements et l’occupation de l’espace, optant pour des effets de masse. Il faut également souligner que le rythme soutenu de la prestation n’a à aucun moment faibli, emmené par un orchestre de qualité.
le groupe de danse Nonahere de la catégorie « Hura Ava Tau » à laquelle appartiennent les groupes « confirmés » a fait son grand retour sur la scène de To’ata. La formation emmenée par Matani Kainuku n’en est pas à son coup d’essai. En effet, la troupe constituée en 2004 a fait ses premières armes au concours communal de Mahina, le Heiva Taurea, avant de remporter pour sa première apparition au Heiva i Tahiti 2005, la deuxième place. Depuis ses débuts encourageants, Nonahere a le vent en poupe.
La formation s’est illustrée de 2006 à 2008 en remportant les premiers prix de sa catégorie. Cette année, c’est avec la légende de Pipirima que la troupe renoue avec son public. La légende raconte qu’un pêcheur et sa femme rentrèrent d’une pêche aux flambeaux particulièrement fructueuse. Ils entreprirent alors de faire cuire le produit leur expédition sans prendre la peine de réveiller leurs deux enfants, Pipiri le fils et Rēhua la fille. Ces derniers qui ne dormaient pas furent fortement peinés de la conduite de leurs parents et s’enfuirent dans la montagne. C’est alors qu’ils prirent place dans les cieux où ils se transformèrent en étoiles, les Pipirima. Celles-ci représentent les deux dernières étoiles de la queue de la constellation Scorpion qui est également connue sous le nom de Te Matau o Maui (l’hameçon de Maui).
Outre le récit d’une histoire émouvante, les danseurs de Nonahere amèneront aussi sur le devant de la scène un mythe astronomique particulièrement significatif puisqu’il n’est pas sans faire écho avec les périodes de restrictions alimentaires que traversaient la Polynésie autrefois. Le groupe réserve également bien des surprises car il a entrepris d’aller au-delà du récit en proposant une suite au mythe. (extrait de Tahiti-infos : texte écrit pour l’ouverture du concours de chants et de danse du Heiva -> quelques modifications ont été apportées au début du texte pour coller à la journée)
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