Ahutoru Nui et la légende de tafa’i (2/2)
Le chef de troupe a muri longuement son thème (les exploits de Tafa’i, une légende inspirée de l’ouvrage de Teuira Henry) avant d’en faire le fil conducteur de la prestation : « Depuis 2009, j’ai lu et relu la légende, je suis aussi voir mes aïeux, mes « tupuna » pour leur demander de m’aider sur certaines choses et de m’éclairer sur d’autres » raconte Antony Tirao.
A la suite de cette première phase, « poser les mouvements, créer les costumes et partager cet épisode de l’histoire de Tafa’i avec les danseurs » ont été autant d’étapes qui se sont succédées avec aisance.
Il ajoute encore : « j’ai une bonne équipe qui est là avec moi et ce qui a fait que le spectacle a été vite monté ». Chef de groupe, costumier, chorégraphe, Antony Tirao est omniprésent dans le groupe et porte un regard protecteur sur son effectif. Très actif, il mène régulièrement sa troupe en tournée à l’étranger et s’attache à véhiculer ce message auprès des danseurs : « ils doivent prendre conscience qu’ils ont une identité, une langue, une terre ». La prestigieuse troupe Ahutoru Nui présentera une prestation forte des ingrédients qui ont fait la marque de fabrique du groupe : des costumes soignées, des déplacements d’une grande originalité et des chorégraphies dynamiques interprétées par des danseurs tous réunis autour de « l’amour de la danse ».
« Tafa’i à la poursuite de l’esprit de Hina, sa femme »
« De retour de son voyage, Tafa’i apprend la mort soudaine de son épouse Hina.
Effondré, il demanda au prêtre présent s’il est possible de ramener sa bien-aimée à la vie. Il lui répondit : « Il faudra récupérer l’esprit de celle-ci, le ramener dans son corps avant qu’elle ne parte pour son dernier voyage vers Rohotu no’ano’a ».
Sur ces derniers mots, il prit sa rame et sa pirogue Niu et partit pour rallier Tata’a. à son arrivée, il vit le départ des esprits vers le mont Rotui. Aussitôt, il se dépêcha de ramer vers Ra’iatea, monta sur le mont Temehani, pour l’y attendre.
Arrivé au lieu dit, il voit deux sentiers gardés par le Dieu Te-Ta-horo’a. Tafa’i demanda alors :
- « Auriez-vous vu l’esprit de mon épouse passer ? »
- « Non, pas encore répliqua Tu-ta-horo’a.
Et il le conseilla alors de se cacher dans les buissons se trouvant derrière la Pierre de Vie et de s’y reposer.
A peine eut-il repris des forces qu’il entendit un bruit de feuillage remué. C’était Tu-ta-horo’a qui venait le prévenir de se tenir prêt.
L’esprit de sa femme s’avança au bord du rocher puis s’écarta brusquement en sentant la présence d’un être humain. Avant qu’elle ne pût s’envoler vers la Pierre de Vie, il l’attrapa par ses longs cheveux. Elle ne se laissa pas faire et se débâtie sans relâche. Tafa’i résista et tint prise.
La voix du Dieu Tu-ta-horo’a se fit entendre en s’adressa à Hina : « Ton heure n’est pas encore arrivée de quitter ce monde ». Sur ces paroles, elle se calma et se laissa emmener par son époux.
De retour à Uporu, son esprit réintégra son corps et tous se réjouirent de l’heureux évènement : le retour de leur grand guerrier Tafa’i et la résurrection de Hina.
Plus tard, Hina mit au monde un fils, qu’ils nommèrent Vahi-ê-roa. »
Rédigé par Antony Tirao, d’après le récit de Teuira Henry. (Extrait tahiti-infos.com)










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